Si j’étais un carotteur…

J’ai une super bonne idée de business, pour ramasser un maximum de fric sans aucun risque et en minimum de temps. Mais comme ce n’est pas très éthique, je vous file l’idée gratos rien que pour vous. Il faut juste se dégoter un pote balèze en droit des affaires et un mec formé aux dernières techniques du marketing et de persuasion made in USA.

L’idée est d’une simplicité biblique : accrochez-vous car je l’ai rêvé cette nuit : elle consiste à vendre au peuple un abonnement à un bidule hyper pointu dont ils n’ont pas besoin, genre un téléphone avec tout plein d’options dont t’as pas besoin pour téléphoner, et qui te permet d’écouter la radio par la les tuyaux d’aération et surfer sur Internet en se grattant l’oreille. 
Le super marketeux américain, c’est pour persuader les gens qu’ils vont kiffer leur race en achetant chez moi. L’argumentaire pourrait être genre utiliser mon appareil vous rend libre et plus épanoui et tout le tremblement… Les gens se sentiraient plus libres s’ils chargeaient mon entreprise à moi de leur prélever tous les mois du fric sur leur compte sans qu’ils s’en aperçoivent et s’ils regroupaient tous les canaux de communication sous le contrôle de mon entreprise à moi Jusque-là, classique. 
Le super juriste, c’est pour rédiger un contrat tellement béton armé qu’une fois qu’ils l’auraient signé, ils ne pourraient plus s’en défaire à moins d’envoyer 17 recommandés, et de prendre un avocat parisien à 850 euros l’heure  et d’aller genre en Cour de Cassation. 
Bon, il faudrait aussi un produit. Fastoche. On aurait qu’à prendre une licence d’un biduletronique ultra sophistiqué, fabriqué en Inde avec une technologie encore expérimentale, mais on le lancerait tout de suite avant même qu’il ne soit au point pour griller la concurrence. Voyez le tableau : zéro risque.

« Le plus possible d’attente (…) car le compteur tourne et là c’est que de la marge ! »

Vous allez me dire, le biduletronique ne fonctionnerait pas très bien. Mais on s’en fout : les gens sont piégés par le contrat ; il faut avoir un M2 en droit des affaires rien que pour le lire. Donc pas souci. Mais y a encore mieux. J’ai pensé à tout. Pour éviter les problèmes, on mettrait un genre de hot line pour les calmer. Et c’est là que réside le coup de génie, toute l’astuce de ce business model. Une hot line, normalement, c’est un centre de coût : plus le matériel fonctionne mal, plus il y a d’appels et donc plus ça consomme de temps de technicien. 
Mais ma hot line de mon entreprise à moi, je la ferais payer, même quand les gens attendent en ligne et qu’aucune prestation n’est délivrée. Du coup, paf ! Le centre de coût se transforme en centre de profit à forte marge, puisque mon intérêt serait de baisser à mort la prestation, d’une part pour diminuer les coûts (le moins de télé-acteurs possible sur un plateau d’appel situé au find fond du Farghestan là où le salaire mensuel moyen est de 15 centimes par jour), et d’autre part, le plus possible d’attente et de blabla et d’erreurs et de dysfonctionnements, car le compteur tourne et c’est que de la marge ! Les clients seraient mécontents, mais on s’en fout puisqu’ils sont captifs (lcf. Les clauses du super contrat béton armé).

Honnêtement, est-ce qu’elle n’est pas bonne mon idée ? Bon, OK, un peu limite du point de vue moral, mais enfin, business is business. Par contre, ce qui me surprend, c’est qu’une idée aussi bonne, personne ne l’ait encore eue…

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